C’est dans les années 1930, soit une soixantaine d’années après leur première apparition au Japon, que les premiers rickshaws sillonnent les rues de Dhaka. Vingt ans plus tard, des peintres, artistes ou non, entreprennent de les décorer et font du tricycle le support d’un art populaire d’expression.


Ces œuvres racontent l’histoire, les rêves et les espoirs de leur pays, de leurs semblables, leur quotidien aussi. Ils peignent des scènes de vies, des portraits, des paysages, et tant d’autres tableaux plus chatoyants les uns que les autres. Cet art s’affirmera au fil des ans et trouvera sa reconnaissance dans les années soixante-dix. A cette époque l’artiste bengali Zainul Abedin présentera à une exposition au Japon une plaque de rickshaw décorée, au Zainul Abedin Museum, un musée qui lui est consacré.

Ce moyen d’expression populaire échappera toujours aux autorités, qui, à la veille de l’indépendance du pays en 1971, découvrent avec « anxiété » des plaques peintes à la gloire d’un futur Bangladesh. Quelques années plus tard, l’éclosion des décorations aux inspirations religieuses ne feront que refléter l’impact grandissant de la sphère religieuse dans la société bangladaise.

La socio-anthropologue américaine Joanna Kilpatrick a révélé ce véritable trésor culturel que constitue cet art populaire dans sa publication “Transports of Delight : The Ricksha Arts of Bangladesh”.

C’est à l’International Folk Art Museum de Santa Fe aux USA qu’elle a cédé sa collection.

Pour en savoir plus sur ses travaux : www.artsricksha.com

Nota : cherchant à valoriser elle aussi cet art populaire, l’Alliance Française de Dhaka lui avait consacré une exposition dans les années 2000 dont elle a fait don aux autorités bangladaises.

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