Pour lancer leur monture, les Rickshaw-Wallahs se dressent debout sur leurs pédales, tirent violemment le guidon à eux puis jettent leur corps en arrière, le basculent alors à droite, se redressent péniblement et le projettent alors à gauche. Ils se cambrent, se contorsionnent, se désarticulent pour progresser de quelques mètres seulement…


Pas de vitesse, une partie cycle lourde

Pas de vitesse, un frein avant à tringle peu efficace, pas de frein arrière, 4 lames métalliques sur la partie charrette arrière en guise de seule suspension, 80 kg à vide. Vous imaginez bien qu’on roule « slowly », « very slowly » à rickshaw. Ce n’est rien de le dire.

L’installation d’une assistance électrique…

Là-dessus, dans les années 2010, des acteurs notamment étrangers proposent aux Rickshaw-Wallahs LA solution à leurs problèmes : l’adaptation de moteurs électriques comme assistance. « Vous vous fatiguerez moins, vous ferez davantage de courses et plus rapidement » leur avaient-ils dit. Une batterie sous la banquette, un peu de bricolage, et roulez donc !

…Vouée à l’échec et même interdite localement

Pour commencer, la partie cycle des rickshaws n’a pas été revue en conséquence, ni les suspensions, ni les freins ! Imaginez donc, les 80 kg du rickshaw à vide, plus le poids du Rickshaw-Wallah et celui des 2 ou 3 passagers quand ce n’est pas 4, 5 ou davantage encore (!), le tout lancé à 50 km/h grâce (!?) à l’assistance du moteur électrique, et qu’un piéton traverse devant !? No comment !

Une recrudescence d’accidents manifeste a conduit les autorités à interdire l’adaptation de moteurs électriques comme assistance aux rickshaws, ciblant le secteur de Dhaka pour commencer !

Nous vous laissons aussi imaginer l’état des mains du Rickshaw-Wallahs le soir quand toute la journée, vibrations au guidon garanties, il a roulé à 50 km/h sur bosses et nids de poules qui parsèment les rues…

Des problématiques d’accès à l’énergie et de fiabilité du matériel aussi en cause

Par ailleurs, la pénurie d’énergie existante au Bangladesh est reconnue comme premier obstacle à sa croissance. On parlait récemment encore de 40 % de déficit de production électrique, déficit qui entrave les industriels dans leur production et déclenche périodiquement des émeutes dans le pays.

Pour finir, la traçabilité des batteries proposées n’est pas garantie, ce qui laisse craindre le pire.

Bref ! Il y a bien d’autres priorités d’usage à réserver à l’électricité au Bangladesh que celle d’adapter des moteurs électriques comme assistance aux rickshaws !

C’est pourquoi nous proposons le Rickshaw Impulse Project (lien vers la page rickshaw project)

Découvrir le projet de l’association

Rickshaw à assistance électrique ?Crédit photo : Jean Louis MASSARD

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